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Les clichés et idées reçues sur le e-commerce

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La mode du running ou jogging, course à pied et electrostimulation
Avec le drone, il n’y a aucun pilote dans l’avion !

Du concept virtuel au concret, il faut être réaliste.

Au niveau des services ou boutiques en ligne (e-commerce), les pionniers du web sont déjà passés par là, il est désormais devenu difficile de se démarquer de la concurrence ou d’innover sur Internet.

Le Net est le royaume des bonnes affaires et pratiquement tout se vend, se loue ou s’échange. Parmi la génération des quelques web entrepreneurs qui ont réussis en France, ils sont nombreux à avoir fait leurs preuves dans le Minitel, le fameux service télématique abandonné en 2012 car totalement dépassé par le phénomène Internet.

Le e-commerce recèle de métiers très diversifiés, de la logistique au service après-vente, en passant par le e-marketing et la relation clientèle, ainsi que tous les métiers propres à cette filière (webmasters, web designers, développeurs, référencement et techniques SEO / SEM, rédacteurs web de contenus éditoriaux etc.), activités informatiques, publicité en ligne, télécommunication. Le secteur internet a un poids significatif et des effets considérables sur l’économie d’un pays (emplois, PIB, développement, croissance..).

Un secteur de la vente en ligne (web-marchand) avec des conditions de travail qui ne sont pas toujours idéales ni vraiment au top (pressions diverses subies, travail sur objectifs et quotas à respecter, stagiaires peu rémunérés, utilisation préférentielle du travail à temps partiel ou en CDD, mauvaises conditions de travail, salaires à minima, turn-over très important..). Les médias spécialisés se font l’écho de nombreux témoignages et abus à ce sujet.

Les médias plus généralistes indiquent que les achats en ligne progressent à un rythme soutenu avec des milliards d’euros générés. On nous vante les prix bas des articles sur Internet, le phénomène du “discount”; la disponibilité; la rapidité de livraison; la gratuité des frais de port; la commodité d’achat, le vaste choix etc.. Bref, des atouts indéniables par rapport à la vente traditionnelle en magasin physique. Il existe également le “f commerce” (ventes réalisées via une page ou application Facebook) et le “m commerce” (ventes réalisées via la téléphonie mobile ou la technologie sans fil).

Mais derrière ce panorama ou des chiffres parcellaires publiés, se cache une autre réalité. L’envers du décorc’est l’univers des commandes en ligne qui regorge de nombreux acteurs qui se côtoient et se concurrencent férocement sur la toile. Il y a les « pure players », c’est-à-dire les entreprises qui exercent uniquement sur Internet. Puis les classiques entreprises de ventes à distance (VAD); les entreprises traditionnelles ayant étendu leurs activités sur le web; les auto-entrepreneurs de plus en plus nombreux, et enfin les grandes enseignes qui se sont reconverties et ont aussi élargies leurs activités à la vente sur internet (les fameux “Drives” des supermarchés, la grande distribution, les grands magasins..). La concurrence est rude sur le marché de l’e-commerce.

argent e-commerce

La crise est également passée par là et elle a ébranlée les certitudes et préjugés sur les activités de l’ e-commerce, et son mode de distribution si pratique. Avec une baisse des commandes chez les uns, une guerre des prix et des pressions diverses ressenties chez les autres, la situation n’est pas toujours viable et les affaires très rentables. Ainsi, certains grands sites marchands parviennent à peine à atteindre l’équilibre financier, d’autres se recentrent sur leur cœur de métier, lancent plutôt des campagnes de notoriété, ou redéfinissent entièrement leur positionnement stratégique.

De plus, la croissance des ventes et le panier moyen se tassent un peu malgré l’arrivée régulière de nouveaux acheteurs, et le système semble un peu avoir atteint ses limites. Lorsque ponctuellement le nombre de transactions en ligne progresse, le montant du panier moyen diminue. Il faut dire que le nombre de sites internet marchands actifs recensés, a été multiplié par huit de 2005 à 2012, et rien qu’en France (source FEVAD). Un nouveau site e-commerce se crée toutes les 30 minutes, on en recense plus de 80 000 rien qu’en France.

Dans le e-commerce ou la net économie, l’heure est venue à la modération des dépenses et aux économies (rentabilité). Le prix est la première motivation des acheteurs en ligne, voire l’élément essentiel et décisionnel. Malheureusement les web-marchands ont des marges de plus en plus réduites, voire des marges très basses sur de nombreuses gammes de produits. La viabilité économique d’un projet n’est pas acquise de fait, il faut des ressources pour financer les besoins correspondants.

Il faut ajouter à cela que la réglementation est omniprésente, elle est même régulièrement renforcée concernant la protection du consommateur (droit de rétractation étendu, remboursement des frais de retour, garanties légales..). A contrario, les règles régissants les relations entre professionnels ont été assouplies ce qui favorise certains abus. Ainsi, certains professionnels peuvent être tentés d’abuser sournoisement de leur position dominante, d’imposer des prix de vente etc…. Par exemple, ils n’hésiteront pas à rompre une relation commerciale avec un revendeur qui ne leur donne pas satisfaction en terme de respect de prix de vente conseillés ou autre(même avec un partenaire de longue date), faute d’une réglementation stricte (régulation du marché), de sanctions dissuasives en cas d’abus. La charge de la preuve est très difficile à apporter pour un partenaire souvent démuni face à des pratiques sournoises, abusives ou déloyales, à des rapports de force disproportionnées.

La bulle Internet et le grand boom des années 2000 ont vécu leurs heures de gloires, finit le temps ou l’on pouvait tout proposer ou vendre n’importe quoi (optimisme dans la viabilité des projets), ou les “Start Up” poussaient comme des champignons: bouclages rapides des “tours de table”, les investissements réalisés à partir de dossiers peu solides, l’optimisme omniprésent dans la présentation des chiffres, les projections irréalistes..

e-commerce

– Quelques éléments de réflexions sur ce qui a changé dans le e-commerce:

On se souviendra des noms de domaines (sites internet) parfois farfelus; des boutiques (shop) à l’ergonomie identique (clonées) et installées en deux clics, sans connaissance informatique particulière. On se rappellera aussi de la profusion d’offres identiques ou inutiles, la surabondance des offres et des sites web. D’ailleurs la plupart de ces acteurs ont disparus, faute d’un modèle économique viable à long terme.

L’effondrement du Nasdaq en 2000 (qui correspond à l’explosion de la bulle spéculative autour d’Internet) a été considéré comme une sanction par les marchés, permettant à l’économie digitale de repartir sur de nouvelles bases en principe plus saines et solides. Les start-up fragiles, surévaluées, ont été balayées. Mais voilà que quelques années plus tard, on remet le couvert avec l’ouverture de site e-commerce redondants ou amateurs, la duplication de boutiques de toutes sortes, une cruelle guerre des prix sur des produits en très forte concurrence.

Ce qui est pathétique dans cette histoire, c’est de propager l’idée que n’importe quel amateur ou “bidouilleur” informatique qu’il peut devenir riche en ouvrant simplement un site pour faire du e-commerce, parce que c’est à la mode et que les derniers chiffres du e-commerce sont prometteurs. Dans le même esprit, certains pseudos-consultants ou experts qui proposent au lecteur de devenir riche simplement en éditant des blogs sur Internet ou encore, en suivant leur formation vidéo payante. Lorsqu’on fait une petite recherche sur le thème en question, il y a pléthore de sites qui vendent des méthodes avec la promesse de devenir riche ou de faire fortune sur le web puisque les blogs sont à la mode.

Ce que l’on ne dit pas toujours dans le e-commerce, c’est que le marché semble atteindre désormais une certaine saturation. Il y a une surabondance des offres puisque l’on peut tout acheter pratiquement tout et n’importe quoi (y compris certains produits dits sensibles comme les armes, les médicaments, la contrefaçon ..), depuis n’importe quel pays du globe (Europe, Asie, Maghreb, US..), et au meilleur prix possible. Les boutiques web fleurissent et foisonnent avec des problèmes de visibilité web (référencement, optimisation, indexation, ordre de classement..) et de viabilité à moyen terme.

Afin d’améliorer leur rentabilité, certains leaders ont été contraints de diversifier leurs sources de revenus et de revoir leur modèle économique: vente d’assurances complémentaires ou de garanties sur les produits vendus, création de réseaux de franchises ou de places de marché (market place) afin de prélever un pourcentage sur chaque transaction, vente de services, partenariats ou rachats stratégiques, ventes privées, ventes flash, etc…

Pour information, les “Marketplace” permettent aux acheteurs de bénéficier de prix réduits sur des produits mis en concurrence directe, et de connaître une grosse partie des offres sur Internet. Mais tous les web-marchands n’adhèrent pas à ce système car il est payant (commissions sur vente, frais..) et il n’est pas toujours possible d’être présent sur tous les leviers à la fois. Pour le e-marchand, c’est un canal de prospection et de distribution performant mais qui a un coût non négligeable car il réduit d’autant des marges déjà mises à mal par une très forte concurrence. C’est un peu un centre commercial virtuel dont la gestion est confiée aux grands sites marchands (leaders), et dans lequel des petits sites e-commerce vont présenter leurs gammes de produits, aux cotés des produits proposés par la concurrence et de ceux du web-marchand gestionnaire.

internet et e-commerce

– Un avenir assez déroutant pour le consommateur et les revendeurs:

Lorsqu’on utilise un comparateur de prix sur internet pour certains produits, il n’est pas rare de constater que le prix de vente public (PVP) d’un article peut être identique d’un web-marchand à un autre, ce qui est surprenant (quid du libre jeu de la concurrence ?). Y aurait il des contraintes exercées sur les commerçants ou web-marchands au niveau des prix publics, ou est-ce une simple coïncidence, un hasard fortuit d’alignement de prix chez tous les marchands à la fois ?

Les médias (magazines d’investigation TV ou presse) se font parfois l’écho des pressions exercées sur le circuit de distribution par certaines grosses entreprises ou multinationales en situation de position dominante, sans aucun état d’âme ni scrupule (business is business, comme on dit): conditions d’achat peu favorables, conventions commerciales restrictives, remises accordées ou non, disponibilités parfois aléatoires de certains produits, retards douteux, distribution parfois sélective et non équitable concernant les nouveaux produits commercialisés par la marque etc..

Il est devenu facile pour le consommateur de se procurer un produit directement auprès d’une marque par le biais de la vente directe sur Internet. Désormais, elles proposent également des offres spéciales ou des prix réduits (bons de réduction, offres spéciales, remises, promotions..). Les sites “vitrines” ou de présentation des produits des marques deviennent ainsi peu à peu des sites web-marchands en concurrence avec le réseau de distribution, les partenaires de longue date de la marque et liés contractuellement par des clauses parfois abusives.

On constate aussi que de plus en plus de fournisseurs fonctionnent à flux tendu et ont peu ou pas de stocks sur leurs propres produits (problèmes de réassorts, de fabrication..). Le consommateur a du mal à comprendre (à juste titre) qu’un article dont on fait la promotion sur le site web du fabricant ou sur Internet, ne soit pas disponible partout et immédiatement dans tous les points de vente d’une parque.

e commerce internet

A souligner également la tendance actuelle des entreprises à délocaliser tout ou partie, de leurs activités (logistique, hotlines, représentation, comptabilité..), ce qui a pour effet indirect de retarder la disponibilité des produits et d’allonger les délais de livraison auprès des partenaires.

Il ne faut pas oublier que la population vieillit et qu’elle sera moins mobile. De plus, le choix risque d’être de plus en plus restreint et monotone (omniprésence de certains acteurs). Les petits commerces de proximité, avec leur convivialité, les services à la personne (livraison à domicile) et les facilités; tentent de jouer sur leur différence et de se démarquer.

Les sites Internet qui disposent d’une petite structure ont du souci à se faire pour leur avenir, car c’est le même processus qui tend à se produire. A moins de commercialiser sa propre production (secteurs dits de niches), l’avenir s’annonce morose pour le petit e-commerce. Un renforcement de la réglementation et des contrôles inopinés (relations commerciales et contractuelles entre professionnels) ne seraient pas un luxe pour protéger davantage les plus petites structures face aux grosses et puissantes multinationales, et éviter ainsi les abus. La plupart du temps, ces abus ne sont pas signalées aux instances de contrôles de l’etat et perdurent au détriment des plus “faibles” et du libre jeux de la concurrence.

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6 Commentaires sur "Les clichés et idées reçues sur le e-commerce"

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adweb
Invité
adweb

L’inadaptation ou la faible accessibilité des sites de e-commerce à l’Internet mobile (sites non responsives..) alors que l’usage des smartphones et tablettes explose, constitue un autre frein.

diams
Invité
diams

bon article.Internet demandant un investissement presque nul au depart, beaucoup se lancent dans l’aventure. Ils s’aperçoivent ensuite qu’ils ont oublié certains frais et charges (publicité, referencement catalogue et produits, envoi des colis, réception des retours et remboursements, litiges etc…), pour au final s’apercevoir qu’ils auront fait tres peu de CA dans le mois ou seulement quelques centaines d’ euros de bénéfices. Ils vont continuer ainsi quelques temps avant de déclarer forfait, tout arreter et deposer le bilan. Mais ils seront remplacés par d’autres…la boucle est bouclée et ainsi de suite

webstor
Invité
webstor
bien vu; Nous avons une boutique sur internet, nous confirmons certains abus; De la part de fournisseurs nous avons soudainement un refus de vente qui peut s’analyser en une rupture brutale des relations commerciales établies ou un abus de dépendance économique (à prouver ce qui n’est pa sevident).. Nous avions des relations commercilaes depuis plus de 10 ans avec deux grosses entreprises (dans le domaine du sport). Les abus: rupture brutale des relations commerciales établies depuis plus de 10 ans, n’accepte plus d’honorer nos commandes mais sans le dire ni l’ecrire. Nous avons bien : – l’existence d’une relation commerciale… Lire plus »
shyni
Invité
shyni

l’e-commerce est entré dans une phase de professionnalisation. Les acteurs majeurs creusent l’écart et la grande majorité des 140 000 sites ecommerce ont beaucoup de mal à créer suffisamment de valeur pour soutenir une activité commerciale à part entière

coco
Invité

Les fabricants et marques ne sont pas dupes exercent des pressions pour faire respecter leurs prix de vente conseillés. ils n’hésiteront pas un seul à instant à saisir le moindre prétexte pour éliminer patiemment et un-à-un les perturbateurs de leur chaîne de distribution. Les prix de vente ne sont pas si libres que ca finalement

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